La Confédération des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Niger et le Burkina Faso, poursuit sa structuration politique. La deuxième session de son Collège des chefs d’État se tiendra en décembre 2025 à Bamako, a annoncé le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition malienne. Cette annonce intervient après une concertation entre les trois dirigeants de la Confédération, dont le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso et le Général Abdourahamane Tiani du Niger.
Cette future rencontre s’inscrit dans la continuité du processus d’affirmation de l’AES, amorcé après le retrait commun de ses membres de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La première session, qui s’était déroulée à Niamey en juillet 2024, avait marqué un tournant symbolique, six mois après l’annonce de ce retrait. Elle avait permis d’esquisser les premières bases d’une gouvernance régionale propre aux trois pays.
Depuis, malgré plusieurs initiatives de médiation lancées par les présidents du Sénégal et du Ghana, les pays membres de l’AES sont restés fermes sur leur choix. Ils ont néanmoins accepté d’entamer des discussions avec la CEDEAO afin d’élaborer un nouveau cadre de coopération, plus adapté à leurs réalités sécuritaires et politiques. Cette posture traduit une volonté de redéfinir les partenariats sous des conditions de souveraineté renforcée.
Face à cette dynamique, la CEDEAO a renouvelé son engagement en faveur d’un dialogue constructif avec les États sahéliens. Toutefois, l’AES est désormais déterminée à tracer sa propre voie en matière d’intégration régionale, avec un modèle de coopération basé sur des intérêts communs en matière de sécurité, de développement et d’indépendance politique. La rencontre de Bamako pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans la consolidation de ce bloc émergent.
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Mamadou COULYBALI