Cameroun : Quand la diplomatie de constance devient une boussole dans la tourmente du monde

Cameroun : Quand la diplomatie de constance devient une boussole dans la tourmente du monde

Dans un monde traversé par des secousses géopolitiques profondes, où le fracas des armes tend trop souvent à étouffer la voix de la raison, la parole des États stables prend une valeur particulière. Elle agit comme un repère dans la brume, une ligne de crête entre le désordre et la construction patiente. C’est dans cet horizon que le président Paul Biya a dressé, au palais d’Etoudi, le bilan du mandat du Cameroun à la présidence de la 79ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Loin d’un simple exercice de restitution, cette séquence s’est imposée comme un acte de mise en perspective : celle d’un pays qui choisit la durée plutôt que l’agitation, la cohérence plutôt que l’éclat.

En revendiquant une diplomatie fondée sur le dialogue et le multilatéralisme, le chef de l’État n’a pas cherché à se placer au centre de la scène, mais à en consolider les fondations. Dans un environnement international qu’il qualifie de « particulièrement difficile », le Cameroun a tenu sa ligne, refusant les vents mauvais de l’unilatéralisme et des rapports de force nus. Cette constance, loin d’être passive, s’apparente à une navigation maîtrisée : avancer sans rompre, corriger sans renier, convaincre sans contraindre.

La présidence assurée par Philemon Yang a donné corps à cette orientation. Sous le signe de « l’unité dans la diversité », le Cameroun a porté une parole d’équilibre sur des foyers de tension majeurs, de Gaza aux Grands Lacs africains. Dans ces espaces saturés de douleur et de méfiance, la diplomatie camerounaise s’est voulue une main tendue plutôt qu’un poing levé, rappelant que la paix ne se décrète pas, mais se tisse, fil après fil, dans l’écoute et la reconnaissance des différences.

Au-delà des crises, ce mandat a aussi semé des graines d’avenir. L’adoption du Pacte pour l’Avenir et de ses annexes, ainsi que la Déclaration de Yaoundé sur l’économie bleue durable, dessine une vision où le développement et la protection du vivant avancent de concert. En faisant de l’océan, du numérique et des générations futures des horizons politiques, le président Biya inscrit le Cameroun dans une modernité maîtrisée, attentive à l’équilibre entre croissance, justice et préservation des ressources.

L’avertissement lancé contre la montée des logiques de puissance sonne comme un rappel à l’ordre c                                                                                      ollectif. L’annonce de l’accueil de la Conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé en 2026 prolonge cette trajectoire d’un pays perçu comme un espace de confiance, capable d’accueillir le monde sans se diluer.

Ainsi se dessine un développement national où la stabilité devient une force tranquille, et la paix, un socle. Dans la tempête internationale, le Cameroun avance à pas sûrs, convaincu qu’en politique mondiale, la véritable puissance réside moins dans le bruit que dans la capacité à durer.

Rokia N’Dala

laredaction

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