Guinée-Bissau : Vers une refondation constitutionnelle audacieuse et structurante

Guinée-Bissau : Vers une refondation constitutionnelle audacieuse et structurante

La Guinée-Bissau se trouve à un moment charnière de son histoire politique. Depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, le pays est dirigé par un gouvernement de transition sous l’autorité du général Horta N’Tam, investi pour conduire le pays vers un nouvel ordre institutionnel. Dans ce contexte, l’adoption par le Conseil national de transition (CNT) d’une révision constitutionnelle profonde, la première depuis 1995, incarne une démarche stratégique de refondation politique et institutionnelle. Cette réforme redessine les contours du pouvoir et affirme la volonté d’un État capable de dépasser les héritages idéologiques pour se concentrer sur l’efficacité gouvernementale et la cohésion nationale.

Le projet adopté réécrit le préambule de la Constitution, effaçant les références idéologiques qui ont longtemps pesé sur l’identité institutionnelle du pays. Cette neutralité assumée révèle que la Constitution cesse d’être un instrument partisan pour devenir le socle de tous les citoyens. Elle s’inscrit dans une vision inclusive, où la légitimité ne dépend plus des affiliations mais de la capacité de l’État à organiser, encadrer et coordonner l’action publique. Le passage à un régime où le président cumule les fonctions de chef de l’État et de chef du gouvernement marque un choix clair de rationalisation de l’action exécutive où le pouvoir exécutif se concentre, s’affirme et se rend plus efficace, tout en conservant des contrepoids institutionnels. Le Premier ministre devient l’exécutant d’une ligne gouvernementale définie par le chef de l’État, garantissant cohérence et coordination dans la conduite des politiques publiques.

Cette révision n’est pas un simple geste symbolique, elle ouvre la voie à une refondation structurelle, à une dynamique de modernisation de l’État. La Guinée-Bissau se dote d’institutions capables de soutenir un développement cohérent, de renforcer la stabilité politique et de clarifier la répartition des responsabilités au sein du pouvoir exécutif. Le gouvernement de transition, en orchestrant cette réforme, démontre une vision stratégique : il transforme un moment de crise en opportunité pour instituer les bases d’une gouvernance rénovée, capable de préparer le terrain à un retour à l’ordre constitutionnel et à une participation citoyenne renforcée.

Dans une perspective panafricaine, cette initiative illustre la capacité d’un État africain à repenser ses structures, à affirmer sa souveraineté et à créer un cadre institutionnel propice au développement durable et à l’unité nationale. La nouvelle Constitution, en fixant des repères clairs et modernes, incarne un jalon décisif dans l’histoire du pays.

La Guinée-Bissau entame ainsi une ère de reconstruction où l’État redevient le vecteur central de la nation. Cette démarche, à la fois audacieuse et nécessaire, pose les fondations d’un pays résolument tourné vers la refondation et c’est à travers elle que se dessine désormais son horizon souverain et durable.

Aïssata Diallo

laredaction

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