Burkina Faso : La Fin du sanctuaire Togolais pour Paul-Henri Damiba
Il est des hommes que l’histoire convoque par la grande porte et qui choisissent, par une petitesse d’âme insoupçonnée, de s’enfuir par les égouts de la trahison. Paul-Henri Sandaogo Damiba appartient désormais à cette race de parias. Son extradition de Lomé vers Ouagadougou, ce 17 janvier 2026, ne doit rien au hasard diplomatique ; elle est le dénouement brutal d’une comédie tragique où l’acteur principal, ivre de son propre reflet, a confondu le fauteuil présidentiel avec un comptoir de change et l’exil avec une garnison de comploteurs.
L’acte d’accusation qui accompagne son retour forcé est un réquisitoire contre l’indécence. On nous présentait un officier de carrière, un lettré du « Mouvement pour la Sauvegarde » ; on découvre un prédateur de bas étage. Derrière la morgue des discours officiels se dissimulait une machine à broyer les deniers publics. Détournements criminels, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux : Damiba n’a pas seulement échoué à sécuriser le Burkina Faso, il l’a pillé. Pendant que la jeunesse burkinabè versait son sang au front, son ancien « chef » s’occupait, semble-t-il, à garnir des coffres secrets des terroristes, trahissant l’uniforme pour le lucre et l’honneur pour l’opulence occulte.
Mais la forfaiture ne s’arrête pas aux chiffres. Sa présence à Lomé n’était qu’un sursis que sa propre arrogance a fini par consumer. En transformant sa terre d’accueil en une arrière-boutique de la sédition, P.H Damiba a insulté l’hospitalité togolaise et la stabilité de la région. Sourd aux avertissements, aveugle aux réalités de l’Alliance des États du Sahel (AES), il a persisté dans des projets de putschs anachroniques, orchestrés depuis des salons feutrés alors que le pays réclamait l’unité. Cette velléité de déstabilisation, nourrie par une soif de revanche narcissique, a fini de convaincre ses derniers protecteurs que l’homme était devenu un poison diplomatique.
Aujourd’hui, le voilà remis aux mains d’une justice qui n’aura pour lui ni la complaisance de ses anciens subordonnés, ni le luxe de ses appartements de Lomé. Le temps des artifices est révolu. Pour celui qui a sacrifié la dignité de la fonction suprême sur l’autel de la cupidité et du complot, il ne reste plus que l’austérité d’une cellule et le mépris souverain d’un peuple qu’il a tenté de flouer.
L’histoire n’a aucune pitié pour les ombres qui tentent de poignarder l’avenir d’une nation, surtout quand elles portent les stigmates de la corruption et le sceau de la forfaiture.
N’Dala R.