Gabon : L’enseignement supérieur au cœur du nouveau pacte républicain

Gabon : L’enseignement supérieur au cœur du nouveau pacte républicain

À travers la relance méthodique du dialogue social dans l’enseignement supérieur, le Gabon donne à voir bien davantage qu’une simple séquence de négociation sectorielle. Il révèle une orientation politique assumée, inscrite dans une stratégie de refondation de l’État, où la parole publique retrouve sa valeur d’engagement et l’action gouvernementale sa cohérence. Cette dynamique, impulsée au sommet de l’État par le président Brice Clotaire Oligui Nguéma, s’inscrit dans une vision réformatrice qui rompt avec les accommodements d’hier et redonne à l’institution sa place prépondérante.

La rencontre conduite par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Charles Edgar Mombo, avec les partenaires sociaux, matérialise une doctrine nouvelle du pouvoir : écouter sans céder, négocier sans renoncer, réformer sans privilégier. En associant les administrations clés de la Solde et du Budget aux discussions, l’exécutif choisit la transparence et la responsabilité, loin des circuits opaques et des décisions fragmentaires qui ont longtemps nourri frustrations et blocages.

La création immédiate d’une commission tripartite constitue, à cet égard, un acte politique fort. Elle consacre la fin d’une gestion discrétionnaire des carrières et des droits, au profit d’un mécanisme structuré, mesurable, inscrit dans le temps. Intégrations à la Fonction publique, reclassements Cames, mises en solde ; ces revendications, longtemps instrumentalisées ou différées, sont désormais traitées comme des enjeux de souveraineté administrative et de crédibilité étatique. Le message est clair : l’État gabonais ne gouverne plus par favoritisme, mais par règle.

Cette séquence s’inscrit pleinement dans la vision du président Oligui Nguéma, dont l’arrivée au pouvoir a profondément rebattu les cartes. En réhabilitant le mérite, la rigueur et l’équité, il rompt avec des idéologies anciennes fondées sur la rente, la connivence et l’immobilisme. Sa gouvernance, résolument panafricaine, assume l’idée que la souveraineté passe aussi par des institutions éducatives apaisées, respectées et performantes, capables de former des élites ancrées dans les réalités africaines et ouvertes sur le monde.

Certes, les attentes demeurent, et la vigilance des acteurs sociaux reste légitime. Mais l’essentiel est ailleurs ; dans ce déplacement du centre de gravité politique, où l’État cesse de promettre pour enfin structurer, planifier et agir. À travers cette réforme du dialogue social universitaire, le Gabon esquisse un nouveau pacte entre pouvoir et savoir, fondé sur la justice et la responsabilité. Et c’est souvent ainsi que naissent les ruptures durables ; sans fracas, mais avec une détermination qui ne transige pas.

Martha.B

laredaction

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