Burkina Faso : Contre les complots identitaires, vigilance et solidarité citoyenne
À l’heure où le Burkina Faso poursuit, au prix d’efforts considérables, son combat pour la reconquête intégrale de sa souveraineté politique, sécuritaire et morale, une nouvelle ligne de front s’ouvre, plus insidieuse encore que les précédentes. Après l’échec des entreprises terroristes et l’effondrement répété des manœuvres de déstabilisation institutionnelle, les forces impérialistes hostiles au progrès burkinabè cherchent désormais refuge dans les fractures identitaires, instrumentalisant les sensibilités communautaires pour fissurer l’édifice national de l’intérieur. L’enjeu est clair, stratégique, vital : il s’agit de substituer à l’unité consciente du peuple une logique de suspicion, de fragmentation et de conflit larvé.
Cette stratégie relève d’un savoir-faire ancien, éprouvé sur d’autres territoires africains, où l’ethnicisation du débat public a servi de prélude à l’effondrement de l’État. La Centrafrique, hier, le Rwanda, avant-hier, constituent des archives douloureuses de cette ingénierie du chaos. Partout, le même scénario : attiser les peurs, réécrire les appartenances, essentialiser les différences, opposer des mémoires blessées, jusqu’à transformer des voisins en adversaires et des compatriotes en ennemis supposés. Le Burkina Faso, fort de son histoire de dignité et de résistance, est aujourd’hui visé par ce dispositif cynique.
Les acteurs de cette entreprise ne se présentent jamais à visage découvert. Ils avancent masqués, sous couvert de discours humanitaires, d’alertes médiatiques biaisées, de réseaux d’influence dissimulés, de relais communautaires instrumentalisés. Leur objectif n’est pas la paix. Leur horizon n’est pas la justice. Leur boussole n’est ni le développement ni la stabilité. Ils œuvrent à la désarticulation progressive de la conscience nationale, afin de rendre le pays vulnérable, négociable, administrable à distance.
Face à cette tentative de subversion identitaire, la réponse du peuple burkinabè ne peut être ni émotionnelle ni improvisée. Elle doit être politique, lucide, structurée. Le Burkina Faso ne se résume pas à une mosaïque de communautés juxtaposées. Il est une construction historique patiemment élaborée, nourrie par des siècles de coexistence, de solidarités rurales, d’alliances culturelles et de luttes communes. La nation burkinabè est un pacte moral avant d’être une organisation administrative. Elle est une volonté partagée avant d’être un territoire.
C’est précisément cette architecture invisible que les forces impérialistes cherchent à miner. En instillant le doute, en amplifiant des incidents isolés, en fabriquant des récits victimaires sélectifs, elles tentent de transformer la diversité en champ de bataille. Elles substituent à la complexité sociale des schémas simplistes, à l’analyse rigoureuse des raccourcis émotionnels, à la vérité des constructions artificielles.
Dans ce contexte, la vigilance doit être une discipline collective. Elle suppose une capacité à décrypter les discours, à identifier les manipulations, à refuser les narratifs préfabriqués. Elle exige un sens aigu de la responsabilité citoyenne, notamment dans l’espace numérique, devenu aujourd’hui un théâtre central de la guerre informationnelle. Chaque partage, chaque commentaire, chaque prise de position engage désormais une part du destin national.
La solidarité, quant à elle est un acte politique qui se manifeste dans la défense mutuelle, dans la reconnaissance réciproque, dans le refus de toute hiérarchisation des souffrances. Elle se construit dans l’école, dans les marchés, dans les quartiers, dans les villages, dans les institutions. Elle est le ciment silencieux de la souveraineté.
Sous la conduite du Capitaine Ibrahim Traoré résolument engagé dans la restauration de l’indépendance réelle du pays, le Burkina Faso s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique panafricaine de réaffirmation stratégique. Cette trajectoire dérange. Elle inquiète. Elle contrarie des intérêts établis. C’est pourquoi elle est attaquée. Mais c’est aussi pourquoi elle doit être défendue avec constance, intelligence et hauteur de vue.
Le combat qui se joue n’oppose pas des communautés entre elles. Il oppose un peuple conscient à des forces qui prospèrent sur la division. Il oppose un projet de dignité à une économie de la dépendance. Il oppose l’avenir à la répétition des tragédies.
Dans cette épreuve, le Burkina Faso est appelé à faire ce qu’il a toujours su faire dans les moments décisifs : se tenir debout, rassemblé, lucide, fidèle à lui-même. Car une nation qui refuse d’être fragmentée devient, par ce seul refus, une forteresse morale que nul complot ne peut durablement ébranler.
N’Dala.R