AES : Le Mali rétablit la vérité sur le projet de monnaie commune

AES : Le Mali rétablit la vérité sur le projet de monnaie commune

Le tumulte médiatique, souvent nourri par une urgence mal maîtrisée, vient une fois encore de se heurter à la rigueur des faits. Alors que de nombreuses rumeurs annonçaient, avec empressement, le lancement imminent d’une monnaie unique au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), le ministère malien de l’Économie et des Finances a opposé à cette agitation un démenti clair.

Ce rappel traduit l’engagement des autorités de préserver la sérénité du débat public face à une information parfois déformée, amplifiée, voire instrumentalisée. Nous ne sommes pas ici face à une simple erreur d’interprétation. Il s’agit d’un phénomène plus profond, une tendance contemporaine à privilégier la vitesse au détriment de la rigueur. Certaines plateformes, en quête d’audience, ou certains cercles animés par des intérêts obscurs, diffusent des informations fragiles, sans vérification suffisante, créant ainsi un climat de confusion.

Annoncer prématurément un calendrier monétaire, c’est méconnaître la complexité d’un tel chantier. C’est aussi, parfois, chercher à imposer une pression émotionnelle à des processus qui relèvent d’abord de la réflexion stratégique et de la responsabilité étatique. En détournant les aspirations légitimes des peuples, ces pratiques affaiblissent la cause qu’elles prétendent servir. Elles réduisent un projet historique à une succession de rumeurs, où l’analyse sérieuse cède la place à l’excitation passagère.

La construction d’une architecture financière commune entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger est une œuvre de longue haleine. Elle requiert compétence technique, concertation permanente et sens élevé de l’intérêt général. Elle ne peut se bâtir dans la précipitation ni sous l’influence des spéculations.

Le communiqué du 27 janvier doit être lu pour ce qu’il est : un acte de responsabilité. Il rappelle que les décisions majeures se prennent dans le cadre institutionnel, avec méthode, transparence et constance. L’AES avance avec détermination, mais sans improvisation. En invitant les citoyens à s’informer par les canaux officiels, l’État malien affirme un principe essentiel ; la souveraineté repose aussi sur la maîtrise de la parole publique.

Le moment appelle à une vigilance collective. Le combat pour l’autonomie économique et politique ne peut s’appuyer sur des récits approximatifs, aussi séduisants soient-ils. Il exige une information solide, vérifiée, respectueuse des faits et des institutions. Ceux qui travestissent la réalité fragilisent la compréhension des enjeux et affaiblissent le débat public. Ils contribuent, souvent malgré eux, à détourner l’attention des véritables priorités stratégiques.

L’heure est à la sobriété du discours, à la loyauté envers la vérité et au respect du travail des institutions. La marche vers une souveraineté monétaire est un objectif sérieux, structurant, irréversible. Mais elle se construira dans la patience, la compétence et la concertation. La parole de l’État ne se disperse pas dans le bruit numérique. Elle se fonde sur la cohérence, s’impose par la constance et se respecte par la responsabilité.

Rokia N’Dala

laredaction

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