Togo : 70 milliards de Fcfa pour accélérer la transformation énergétique

Togo : 70 milliards de Fcfa pour accélérer la transformation énergétique

Au Togo, l’accès universel à l’électricité n’est plus un horizon abstrait. À cinq ans de l’échéance fixée pour 2030, le pays affiche un taux de couverture estimé à 75 % fin 2025 et engage, cette année, 70 milliards de francs CFA pour accélérer la cadence. L’enjeu est politique, institutionnel, stratégique. Il touche à la capacité de l’État à corriger les fractures territoriales et à inscrire le pays dans une dynamique de croissance plus autonome.

L’électrification de 317 localités, l’extension de la centrale photovoltaïque de Blitta, la construction de nouvelles lignes de transmission et le déploiement du Fonds Tinga dessinent une stratégie à plusieurs étages. Il ne s’agit pas seulement de produire davantage, mais de mieux distribuer et d’élargir l’accès aux ménages les plus vulnérables. Environ 1,5 million de personnes supplémentaires devraient être raccordées. Derrière ce chiffre, il y a des ateliers qui pourront tourner plus longtemps, des centres de santé mieux équipés, des élèves qui réviseront après la tombée du jour.

Le choix d’investir massivement dans le solaire, notamment à Blitta, confirme une orientation énergétique plus sobre et plus adaptée aux réalités africaines. Dans une région encore dépendante des importations d’énergie et exposée aux chocs extérieurs, renforcer les capacités nationales relève d’une stratégie de souveraineté. Le Togo s’inscrit ainsi dans un mouvement continental qui fait de l’accès à l’électricité un pilier de l’industrialisation et de l’intégration régionale.

Mais la réussite ne se mesurera pas uniquement au nombre de villages raccordés. Elle dépendra de la fiabilité du réseau, du coût réel pour les ménages et de la capacité des institutions à maintenir les infrastructures dans la durée. L’accès formel ne garantit pas toujours l’accès effectif. Le défi sera d’éviter que la promesse d’universalité ne se heurte aux réalités budgétaires ou aux lenteurs administratives.

Si ces investissements sont menés avec rigueur, ils peuvent transformer le paysage économique. L’électricité stabilise les activités artisanales, attire les petites industries, favorise le numérique et renforce la compétitivité locale. Elle contribue aussi à réduire les inégalités entre Lomé et les zones rurales, souvent laissées en marge des grandes dynamiques de croissance.

En choisissant d’accélérer maintenant, le Togo fait le pari que l’énergie peut devenir le socle d’un développement plus inclusif. Reste à transformer cette ambition en continuité d’action, car c’est dans la lumière durable des foyers que se jugera la crédibilité de la promesse publique.

Paterne N’gouassi

laredaction

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