A la découverte des Ruines de Loropéni

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Les ruines de Loropéni, premier site du Burkina Faso sur la liste du patrimoine mondial

Les Ruines de Loropéni sont situées dans le département de Loropéni, à une quarantaine de kilomètres de Gaoua (chef-lieu de la région du sud-ouest), dans la province du Poni. Le site est situé à 700 mètres au nord de la route nationale 11 qui relie Gaoua à Banfora. Les ruines de Loropéni sont distantes de Ouagadougou de 430 km, soit environs 400km de bitume et 7h de route.

  1. Description

Les ruines ont une forme très proche du carré, avec des longueurs des murs périphériques variant entre 105 et 106 m, pour une surface totale d’environ 11 130 m2 et logées dans une zone tampon de 278,40 ha. Les Ruines de Loropéni sont un site archéologique constitué d’un rempart principal qui est partagé en deux compartiments principaux à l’intérieur desquels se trouvent des sous compartiments de formes principalement rectangulaires, orientés Nord-Sud ou Est-Ouest.

  1. Les remparts

L’enceinte principale :

Elle a une forme quasiment carrée, d’environ 105 m de côté (variation entre 105 et 106 m), et dont les côtés sont orientés Nord-Sud et Est-Ouest. La muraille fait environ 6 m de hauteur et a une épaisseur de 1,40 m environ à sa base, qui se réduit progressivement vers le sommet avec une épaisseur qui n’y est plus que de 25 à 30 cm.

Les pans de la muraille sont presque rectilignes, avec toutefois des irrégularités, certaines probablement dues à des mouvements induits par les arbres qui ont poussé près ou dans les murs mêmes, ou encore du fait de mouvements de terrain. Les angles ont été bâtis avec une forme arrondie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

La muraille est encore présente à 80 %, certaines zones présentant des parties écroulées, plus ou moins importantes, dont certaines servent actuellement de points d’accès.

Il n’existe aucune trace probante de porte d’accès. Si des témoignages oraux signalent l’existence de portes, les fouilles réalisées  n’ont pas permis de certifier leur existence aux endroits indiqués.

Le mur de partition sud :

Ce mur est de la même facture que le rempart d’enceinte bien que présentant une épaisseur légèrement plus réduite.  Vers le milieu de ce mur se trouve une ouverture qui correspond à un écroulement de la maçonnerie.

  1. Les éléments intérieurs

A l’intérieur des compartiments se trouvent des structures de murs très variées, bien qu’ayant toutes en commun l’utilisation de la pierre latéritique maçonnée avec un mortier de terre gravillonneuse.

L’ensemble de ces structures suit principalement une orientation Nord-Sud ou Est-Ouest. L’épaisseur des murs varie considérablement. Le minimum observé à la base est de 20 à 25 cm, le maximum étant de 60 à 70 cm.

Certains des murs observés sont associés à des terre-pleins ; ce qui laisse penser qu’il devait s’agir de lieux d’habitation, les autres apparaissant plutôt être des murs de clôture, délimitant des compartiments fermés et des espaces de circulation.

Parmi ces murs et structures on note plus particulièrement :

  • un mur de partition qui divise le compartiment Nord en deux sous compartiments principaux ;
  • à l’Ouest, un mur plus épais, de hauteur actuellement réduite à 80 cm environ (hauteur visible) ;
  • au centre du mur Nord de la muraille principale, se trouve une structure aux murs très épais (70 cm à la base) et dont une grande partie est encore debout.
  • au Nord- est de l’enceinte, existe une structure assez complexe d’une hauteur de remblai assez forte.
  • au centre et à l’Est, se trouve une autre structure complexe qui possède plusieurs murs de refends. Celle-ci présente aussi un remblai assez important et des hauteurs de murs assez élevées (plus de deux mètres).
  • au Nord de la porte supposée entre les deux compartiments principaux se trouve une structure de dimension assez importante, bien qu’ayant des murs d’épaisseurs réduites.
  • dans le compartiment sud, à l’Est de cette porte, se trouve aussi une structure aux murs très élevés (3 m) et faite de murs épais (environ 60 cm à la base).
  • tout à fait au Sud, en position centrale, se trouve une structure composée de deux compartiments. Son mur Nord est aussi assez haut (plus de 2 m).
  • enfin, au Sud-ouest, on observe une structure composée de deux compartiments fermés, séparés par un compartiment ouvert. Cette dernière disposition, compartiments fermés et compartiments semi-ouverts (fermés sur trois côtés seulement) apparaît en plusieurs endroits sur le site.
  1. Les éléments à l’extérieur de l’enceinte

Des vestiges d’occupations anciennes dont certains pourraient être antérieurs aux ruines principales ont été découverts. Plusieurs d’entre eux se présentent sous forme de buttes anthropiques associées à des restes de fondations. Les autres sont de simples petites structures, de formes quadrangulaires ou circulaires. On a observé au Sud-ouest des ruines, des alignements de moellons sur une distance de près d’un kilomètre reliant une carrière à un ancien lieu d’habitation qui comprend deux enceintes circulaires d’une vingtaine de mètres de diamètre. On trouve toujours associés à ces vestiges d’occupations anciennes des fragments de meules, de molettes, de la céramique et des scories témoins de la réduction du minerai de fer.

Plusieurs carrières d’extraction des moellons qui ont servi à la construction des murs ont été identifiées aux alentours des ruines. L’ensemble de ces vestiges est bien protégé par la zone tampon.

  1. La zone tampon

D’imposants arbres se développent sur des murailles géantes d’environ 6 m de hauteur. Les études réalisées sur toute la zone tampon du site ont permis de constater une forte diversité floristique avec un inventaire de 218 espèces réparties dans 53 familles. Le site est recouvert par une savane arborée. Par endroit, cette savane est arbustive.

Le site et la zone tampon constituent un réservoir important de maintien de la diversité floristique. Il comprend nombre de plantes médicinales et certaines autres ayant des graines ou fruits comestibles.

La galerie forestière qui se trouve le long de la route d’Obiré contient une espèce rare et nouvelle pour le Burkina Faso dont le nom est Anthostema senegalense . La présence de quelques espèces animales serait même signalée à l’intérieur de la zone tampon. Toute chose qui constituerait une attraction nouvelle pour le site si elle venait à être certifiée.

  1. Historique et Développement

Les recherches archéologiques ont permis de mettre à jour plusieurs superposition de structures, toute chose qui prouve plusieurs périodes d’utilisation. Des résultats de datation radiocarbone font remonter au XIème siècle, l’occupation du site, confirmant ainsi sa plus grande ancienneté que ce qui avait été imaginé auparavant.

Les Ruines de Loropéni et les vestiges de sites similaires se situent en zone pré forestière aux ressources naturelles favorables à l’agriculture, la cueillette, la chasse et la pêche. Toutefois, cette zone particulière qui s’insère dans le géosynclinal éburnéen présente la particularité d’être aurifère.

Depuis très longtemps des caravanes reliaient cette région aurifère aux villes commerçantes de la boucle du Niger, Djenné, Mopti, Tombouctou, en passant par Bobo-Dioulasso ou Kong où étaient basés les commerçants Dyula. De ces villes, d’autres caravanes prenaient le relais pour traverser le Sahara vers l’Afrique du Nord.

Cette époque présentait un niveau d’insécurité assez important. Outre les conflits divers, la convoitise des marchandises, et les « chasses aux esclaves » on ne peut occulter la menace que représentaient en permanence les nombreux animaux sauvages dont les éléphants mais aussi les lions qui, selon la tradition orale, étaient « mangeurs d’hommes ».

Ceci a contraint les peuples à organiser leur défense. Dans le contexte géographique particulier des alentours de la ville de Loropéni, ont été construites une dizaine de « forteresses » du même type que celle dite « Ruines de Loropéni ». Celle-ci étant la mieux conservée, elle a été choisie et proposée pour inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial qui est intervenue le 26 juin 2009.

Les ruines de Loropéni sont le premier site du Burkina Faso à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en 2009.

Lanta Joël SOME

Journaliste / Ouest Actu

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