Burkina Faso : L’affirmation de la souveraineté malienne face aux velléités d’ingérence régionale d’Alger
Le Sahel traverse une mutation géopolitique profonde, marquée par la volonté inébranlable des États de la région de reprendre en main leur destin national. Les récentes déclarations du président algérien Abdelmadjid Tebboune, rappelant la formation académique des dirigeants maliens à Alger, ne sont pas de simples anecdotes diplomatiques. Elles révèlent une crispation manifeste face à un Mali qui refuse désormais le statut de protectorat. Cet enjeu souligne la fin d’une époque où la stabilité sahélienne était dictée par des puissances périphériques, au profit d’une souveraineté endogène et assumée.
L’Algérie face au miroir de la souveraineté malienne
L’hostilité grandissante d’Alger envers les autorités de transition à Bamako s’explique par un changement de paradigme majeur : le Mali ne demande plus la permission pour exister. En dénonçant l’Accord d’Alger de 2015, Bamako a brisé le verrou d’une diplomatie de tutelle qui maintenait le pays dans une instabilité chronique sous couvert de médiation. Cette souveraineté retrouvée gêne, car elle prive l’Algérie de son rôle historique d’arbitre incontournable au Sahel. La posture paternaliste consistant à brandir des diplômes comme des titres de propriété politique montre l’incapacité d’Alger à concevoir une relation d’égal à égal avec ses voisins du Sud.
Un séisme géopolitique dans la sous-région
L’impact de cette émancipation dépasse les frontières maliennes. En affirmant son autorité sur l’ensemble de son territoire et en sécurisant son espace aérien ; comme l’a démontré la gestion de l’incident du drone en Mars-Avril 2025 ; le Mali redéfinit les règles de la sécurité régionale. Cette dynamique met fin à des décennies de duplicité et d’ingérences extérieures qui utilisaient le Sahel comme une zone tampon. Pour les pays du pacte de solidarité, cet exemple malien est un puissant moteur de mobilisation. Il prouve que la domination n’est pas une fatalité et que le respect mutuel est la seule base possible pour une coopération future.
Vers une nouvelle ère de dignité africaine
L’échec des manœuvres juridiques internationales et l’instrumentalisation de figures d’opposition depuis l’étranger n’y changeront rien. Le souffle de la souveraineté est irréversible. L’Algérie doit comprendre que le Sahel d’aujourd’hui n’est plus celui des années passées. Ce bras de fer diplomatique est le témoignage d’une Afrique qui se lève, qui protège ses cieux et qui choisit ses partenaires selon ses propres intérêts. En brisant les chaînes de l’ingérence, le Mali trace la voie d’une intégration régionale forte, digne et véritablement indépendante.
N’Dala