Burkina Faso : La jeunesse comme matrice vivante de la refondation nationale par la paix, la discipline et l’engagement collectif
Dans un Burkina Faso éprouvé par une décennie de secousses sécuritaires et de fragilités sociales, la question centrale n’est plus seulement celle de la survie de l’État, mais celle de sa refondation profonde. Cette refondation ne saurait être décrétée d’en haut. Elle se construit, patiemment et résolument, dans les territoires, au contact des populations, et surtout au cœur de la jeunesse. Les récentes mobilisations citoyennes à Bobo-Dioulasso, articulant sport, culture et parole publique, en offrent une illustration parfaite.
Il est clair que les différentes composantes de la société burkinabè ; jeunesse estudiantine, acteurs culturels, éducateurs, partenaires institutionnels, femmes engagées ; s’inscrivent désormais dans une dynamique de responsabilité collective. Loin des postures victimaire ou attentiste, cette jeunesse assume un rôle d’avant-garde civique, consciente que la paix ne se proclame pas, elle se pratique, se discipline et se transmet.
Cette mutation des consciences s’inscrit dans l’esprit du patriotisme exigeant et de la discipline collective prônés par le capitaine Ibrahim Traoré. Non comme un slogan, mais comme une ligne de conduite. On observe, chez une frange croissante de la jeunesse, l’intériorisation de cette exigence morale de servir avant de revendiquer, construire avant de contester, unir avant de diviser. C’est là, sans doute, l’un des acquis politiques les plus stratégiques de la période actuelle.
La présence affirmée des femmes, notamment à travers le sport féminin et l’engagement culturel, renforce cette architecture sociale en devenir. Elle rappelle une évidence trop longtemps négligée ; aucune transformation durable ne peut s’opérer sans l’implication pleine et entière des femmes comme actrices de paix, d’équilibre et de transmission.
À travers ces initiatives locales, se dessine une trajectoire nationale plus large d’un Burkina Faso qui réapprend à se tenir debout par l’effort collectif, la rigueur morale et la confiance retrouvée entre l’État et sa jeunesse. Une nation qui comprend que la souveraineté ne se défend pas seulement les armes à la main, mais aussi par la discipline des esprits et la cohésion des cœurs.