Gabon : Oligui Nguema et la refondation territoriale, quand le pouvoir retourne à la source du peuple
À première vue, une visite présidentielle en province peut relever de la routine institutionnelle. Mais dans le Gabon nouveau que façonne Brice Clotaire Oligui Nguema, chaque déplacement sur le territoire national constitue un acte politique à part entière, porteur d’une intention et d’un message. L’annonce de sa présence dans l’Ogooué-Ivindo, s’ancre ainsi dans la dynamique de la reconquête de l’espace national par l’État, de la réaffirmation de l’autorité publique dans les territoires longtemps périphérisés, et de la traduction concrète d’un projet de développement fondé sur la proximité, la responsabilité et la souveraineté économique. Derrière l’agenda officiel, se dessine une stratégie claire de faire du territoire non plus un simple décor du pouvoir, mais le socle vivant de l’action publique et de la refondation nationale.
Depuis son accession à la magistrature suprême, le président Oligui Nguema a fait de la politique de proximité un axe structurant de son exercice du pouvoir. La tournée républicaine, loin d’être un rituel creux, devient un instrument de gouvernance. Elle réinstalle l’État là où il s’était effacé, redonne chair à l’autorité publique et restaure la dignité politique des territoires longtemps relégués au rang de marges administratives. L’Ogooué-Ivindo, province stratégique mais historiquement sous-dotée, incarne aujourd’hui cette volonté de rééquilibrage national.
En se rendant personnellement sur ce site minier majeur, le Chef de l’État affirme une lecture souveraine du développement qui traduit que les ressources nationales ne sont plus des abstractions technocratiques, mais des leviers concrets de transformation, suivis, encadrés et assumés au plus haut niveau. La présence présidentielle sur les chantiers, l’inauguration d’infrastructures hôtelières et de services publics, traduisent la même exigence de redevabilité de l’action publique et de la visibilité des résultats.
Mais l’acte politique le plus signifiant réside peut-être ailleurs, dans les entretiens privés accordés à la notabilité locale. Loin des mises en scène, ces échanges renouent avec une tradition africaine du pouvoir : l’écoute des forces vives, la reconnaissance des médiations sociales, l’ancrage de la décision nationale dans l’intelligence territoriale. C’est là que se joue une autre rupture ; celle avec un État vertical sans dialogue, au profit d’un État stratège, attentif et enraciné.
Les retombées sont déjà perceptibles. Elles se lisent dans la dynamique des chantiers, dans la redistribution géographique de l’investissement public, dans la réhabilitation symbolique des provinces de l’intérieur. Le Gabon se transforme, non par incantation, mais par une méthode patiente et volontariste, inscrite dans une vision panafricaine de la souveraineté réelle.
En redonnant au territoire sa place centrale, le président Brice Clotaire Oligui Nguema rappelle une vérité politique fondamentale, un État ne se réforme durablement qu’en marchant avec son peuple, sur la totalité de sa terre.
Martha.B