Mali : 65ᵉ anniversaire de l’Armée, l’acte d’État qui consacre la mémoire, la justice et la souveraineté
À l’heure où le Mali poursuit sa trajectoire de refondation, le 65ᵉ anniversaire de l’Armée nationale s’est imposé comme un jalon politique et institutionnel majeur. En décidant d’allouer plus de 17 milliards de FCFA aux ayants droit des militaires tombés pour la Patrie, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a posé un acte d’État d’une rare densité symbolique et d’une portée stratégique manifeste. L’enjeu loin de l’événementiel engage une vision, restaure une éthique publique et inscrit la mémoire des sacrifices au cœur du projet national.
Ce geste ne relève ni de la compassion circonstancielle ni de l’annonce performative. Il consacre une doctrine de gouvernance où l’humain, le soldat et la Nation forment un continuum indissociable. En reconnaissant, de manière tangible, le prix payé par les familles des martyrs, l’État réaffirme son devoir de justice sociale et sa responsabilité morale. Il répare une dette ancienne, tout en réinstallant la confiance entre l’institution militaire et la communauté nationale. La reconnaissance devient ici un instrument de cohésion, un langage de vérité adressé aux vivants comme aux morts.
Dans la même séquence, le renforcement capacitaire du Génie militaire, par l’acquisition de nouveaux équipements et infrastructures opérationnelles, traduit la cohérence d’une politique qui conjugue mémoire et efficacité. Honorer les martyrs ne suffit pas ; il faut doter les forces de moyens à la hauteur des menaces. Cette montée en puissance structurée des FAMa participe d’un développement sécuritaire durable, fondé sur l’autonomie stratégique, la professionnalisation et l’ancrage républicain. Elle matérialise une volonté ferme de garantir l’intégrité territoriale et de protéger les populations par une armée modernisée, disciplinée et souveraine.
Au plan panafricain, l’acte posé par le Chef suprême des Armées résonne comme un signal clair. Il affirme qu’un État africain peut assumer pleinement sa souveraineté, honorer ses héros et investir dans ses capacités sans renoncer à l’exigence de rigueur. La refondation nationale s’y dessine comme une œuvre de long terme, où la dignité humaine, la sécurité collective et la fierté nationale avancent d’un même pas.
Ce 65ᵉ anniversaire ne célèbre pas seulement une institution ; il consacre une orientation. Le Mali d’Assimi Goïta choisit de bâtir son avenir sur la mémoire assumée, la justice rendue et la force maîtrisée ; car une nation qui honore ses martyrs se donne les moyens de ne plus en produire inutilement.
N’Dala