Mali–États-Unis : Vers une relance de la coopération bilatérale sur de nouvelles bases
À Bamako, la diplomatie malienne a franchi un nouveau cap dans ses relations avec les États-Unis. La rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et Nick Checker, haut fonctionnaire au Bureau des affaires africaines du Département d’État américain, marque l’amorce d’une coopération redéfinie, fondée sur le respect mutuel et la souveraineté nationale. Dans un contexte où la stabilité sahélienne demeure fragile et où les équilibres géopolitiques se redessinent, ce dialogue s’inscrit moins dans la simple continuité que dans une volonté de refonder les partenariats traditionnels sur des bases contemporaines, adaptées aux réalités africaines.
Les échanges ont ciblé la lutte contre le terrorisme, la sécurité sous-régionale, mais aussi le développement économique et commercial. Il s’agit pour Bamako de transformer un dialogue bilatéral en levier stratégique de croissance, en inscrivant la coopération américaine dans une logique gagnant-gagnant. La reconnaissance explicite par Washington de la souveraineté malienne et la promesse d’une action non intrusive constituent une avancée diplomatique majeure. Elle offre au Mali une marge de manœuvre renforcée pour piloter ses priorités nationales tout en mobilisant l’expertise et les ressources internationales de manière ciblée.
Dans une perspective panafricaine, cette démarche résonne avec les ambitions de la Confédération des États du Sahel (AES). La relance de la coopération avec les États-Unis, si elle est articulée autour de projets concrets et de partenariats équilibrés, pourrait catalyser la sécurité régionale et la résilience économique des États membres. Elle ouvre également une fenêtre pour repenser les échanges commerciaux, stimuler les investissements et soutenir des initiatives endogènes qui renforcent la souveraineté alimentaire, énergétique et technologique du pays.
Abdoulaye Diop, en saluant cette nouvelle approche, pose un cadre exigeant où la coopération ne peut être fructueuse que si elle s’ancre dans une vision stratégique nationale et sous-régionale, attentive aux dynamiques locales et à la dignité des États africains. Le défi est de transformer les promesses diplomatiques en instruments tangibles de développement, sans tomber dans l’écueil de la dépendance, mais en tirant parti des convergences d’intérêts pour créer un cercle vertueux durable.
Cette étape de la relation Mali–États-Unis n’est pas seulement une rencontre protocolaire ; elle incarne la volonté d’une Afrique capable de négocier ses partenariats sur ses termes, avec discernement et ambition. Dans ce nouvel équilibre, la souveraineté devient levier et la coopération, moteur. Une page se tourne : le Mali n’attend pas seulement l’aide, il revendique le choix de son destin.
Rokia.N