Burkina Faso : Face à la désinformation, la souveraineté informationnelle comme priorité nationale
Au moment où le Burkina Faso affronte une guerre asymétrique sur son sol, un autre front s’ouvre, plus diffus, plus insidieux : celui de l’information. Les réseaux sociaux, vecteurs de communication puissants mais vulnérables, sont devenus un terrain où se cristallisent des campagnes visant à semer le doute et la confusion. Le Conseil supérieur de la communication (CSC), vigilant, a récemment lancé un avertissement solennel, mettant en garde contre ces manipulations et rappelant que la cohésion sociale et la stabilité de l’État ne peuvent être compromises par des informations falsifiées.
Cette alerte prend un relief particulier dans le contexte de la vision stratégique du capitaine Ibrahim Traoré. Depuis son accession au pouvoir, sa politique vise à consolider l’État, renforcer la souveraineté nationale et impulser un développement endogène. Dans ce cadre, la maîtrise de l’information devient un outil central pour préserver l’intégrité du projet national et pour garantir que chaque citoyen puisse se situer dans une trajectoire de confiance et de participation constructive.
La décision du CSC illustre cette approche. Elle ne se limite pas à un acte de régulation technique ; elle traduit une compréhension aiguë de la corrélation entre stabilité informationnelle et cohésion sociale. En dénonçant les contenus malveillants diffusés par des acteurs « ennemis du peuple », parfois situés hors du pays, l’institution confirme que la défense de la souveraineté dépasse le simple contrôle du territoire. Elle s’étend à la protection du récit national et à la consolidation d’une citoyenneté responsable.
Sur le plan pratique, cette vigilance favorise la circulation d’informations fiables, renforce l’adhésion citoyenne à des projets structurants et soutient les initiatives de développement mises en œuvre par l’État. La régulation numérique devient ainsi un levier de résilience, garantissant que les efforts dans l’éducation, l’agriculture, la sécurité et l’infrastructure trouvent un écho constructif dans l’opinion publique. Par cette posture, le Burkina Faso s’affirme sur l’échiquier international comme un État conscient de ses choix et attaché à des partenariats respectueux de sa souveraineté.
Cette stratégie, combinant contrôle rigoureux de l’information et mobilisation citoyenne, démontre que le Burkina Faso refuse la fragmentation de son espace civique. Elle réaffirme que dans un monde saturé de récits concurrents, le destin d’un peuple se construit d’abord par la maîtrise de son récit. Et ce récit, ici, se veut clair, solide et profondément enraciné dans la dignité nationale.
Rokia ND’ala