Madagascar : Un nouveau Premier ministre pour accélérer la refondation de l’État

Madagascar : Un nouveau Premier ministre pour accélérer la refondation de l’État

La nomination de Mamitiana Jeannot Ruffin Rajaonarison au poste de Premier ministre marque une nouvelle étape dans la recomposition institutionnelle engagée à Madagascar depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Michaël Randrianirina. Après la dissolution du gouvernement et le départ de Herintsalama Rajaonarivelo, l’exécutif malgache opte pour un profil technique, façonné dans les sphères de sécurité et de régulation financière. La refondation annoncée par le pouvoir s’appuie sur une exigence d’intégrité administrative et de restauration de l’autorité publique.

Le parcours du nouveau chef du gouvernement éclaire cette orientation. Ancien officier de gendarmerie et directeur du Service de renseignement financier malgache depuis 2021, Rajaonarison s’est distingué dans la lutte contre le blanchiment d’argent et les circuits financiers illicites. Dans un pays où les fragilités institutionnelles ont longtemps nourri les réseaux d’économie informelle, cette expérience constitue un levier stratégique. La crédibilité de l’État demeure l’une des conditions majeures du redressement économique.

Depuis octobre 2025, lorsque le Conseil constitutionnel a constaté la vacance du pouvoir après le départ de Andry Rajoelina, les autorités de transition affirment vouloir reconstruire les fondations de l’appareil d’État. Le processus baptisé Refondation de la République repose sur un principe central. Assainir les institutions pour créer les conditions d’un développement plus stable et plus équitable.

Madagascar possède un potentiel économique considérable. Ressources minières importantes, agriculture diversifiée, biodiversité exceptionnelle et position stratégique dans l’océan Indien. Pourtant, ces atouts restent sous-exploités en raison d’un appareil administratif fragile et d’un climat d’affaires parfois incertain. Le défi du nouveau gouvernement consiste précisément à réduire cet écart entre potentiel et réalité.

Dans cette perspective, la transparence financière et la lutte contre la corruption peuvent devenir des moteurs de transformation. Plusieurs expériences africaines montrent que le renforcement de la gouvernance publique attire les investissements et élargit les marges de financement des politiques publiques. Pour Madagascar, l’objectif est d’installer un cercle vertueux où l’assainissement institutionnel soutient la croissance et la confiance collective.

La mission confiée à au nouveau chef du gouvernement demeure exigeante. Les attentes sociales sont fortes en matière d’emploi, d’énergie et de services publics. La réussite de cette nouvelle étape dépendra de la capacité du gouvernement à transformer la volonté réformatrice en résultats visibles. Car la solidité d’une refondation nationale se mesure toujours à une réalité simple. Lorsque l’État se réforme avec rigueur, c’est tout un peuple qui retrouve confiance dans son avenir.

Mariam Kenda

laredaction

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