Burkina Faso : Human Rights Watch ou la fabrique d’un récit anxiogène au profit des terroristes
Au cœur de la guerre que mène le Burkina Faso contre la nébuleuse terroriste sahélienne, une autre confrontation s’y immisce : celle de la bataille de l’information. La récente communication de l’Human Rights Watch accusant le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans de crimes de guerre au nord du pays en offre une illustration révélatrice. Mais derrière l’apparente neutralité de cette prise de parole, un examen attentif des faits soulève de sérieuses interrogations.
L’organisation affirme avoir documenté plusieurs attaques contre des civils et évoque notamment des exécutions lors d’une offensive contre la ville de Titao. Pourtant, ces affirmations reposent essentiellement sur des entretiens réalisés à distance, sans vérification directe sur le terrain. Aucun rapport d’enquête indépendant, aucune confirmation opérationnelle des forces engagées dans la zone n’est venue étayer ces chiffres avancés avec assurance. Dans un contexte de guerre asymétrique où l’information circule difficilement, transformer des témoignages fragmentaires en certitudes publiques constitue déjà un acte lourd de conséquences.
Les faits, eux, méritent d’être rappelés avec précision. À Titao, les groupes terroristes affiliés au JNIM ont tenté une attaque contre des positions sécuritaires. La riposte des Forces de défense et de sécurité et des Volontaires pour la défense de la patrie a été immédiate. Les unités engagées ont contenu l’assaut, repoussé les assaillants et infligé des pertes significatives aux combattants terroristes. Autrement dit, l’opération qui visait à déstabiliser cette ville stratégique du nord s’est soldée par un échec pour les groupes armés.
Or cette réalité militaire ; un groupe terroriste stoppé et affaibli ; disparaît presque totalement dans la narration diffusée par Human Rights Watch. À la place, le récit insiste sur l’idée que les populations suspectées de soutenir l’armée seraient devenues des cibles privilégiées. Ce déplacement du regard n’est pas anodin. Il transforme une tentative terroriste déjouée en un climat de peur généralisée.
Ce type de communication produit un effet psychologique précis : décourager l’engagement citoyen et semer le doute au sein des communautés rurales. Si les populations finissent par croire que leur soutien aux forces nationales les expose directement à la mort, alors le terrorisme obtient ce qu’il recherche depuis le début : isoler l’armée de la société.
Pourtant, la réalité du terrain contredit cette logique. Depuis plusieurs années, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) incarnent une mobilisation populaire sans précédent. Dans de nombreuses localités, leur collaboration avec les Forces de défense et de sécurité a permis de protéger des villages, de sécuriser des axes et de contenir l’expansion des groupes armés.
Face à la guerre informationnelle, la population doit faire preuve de lucidité. La peur est une arme stratégique, et certains récits peuvent involontairement la relayer. Mais la solidité d’une nation se mesure à sa capacité à rester debout face à ces tentatives de déstabilisation.
Car lorsque la vérité des faits reprend sa place, une évidence s’impose : un peuple qui soutient ses défenseurs ne recule pas devant la menace, il transforme l’épreuve en détermination collective.
Rokia N’Dala