Afrique : Les échanges entre pays africains vont atteindre 230 milliards de dollars en 2026

Afrique : Les échanges entre pays africains vont atteindre 230 milliards de dollars en 2026

Longtemps confinée à la périphérie des circuits de valeur mondiaux, l’Afrique s’apprête à franchir, en 2026, un seuil psychologique et structurel majeur. Selon les projections d’Afreximbank, les échanges intra-africains atteindront 230 milliards de dollars, portés par une croissance robuste de 10 %. Derrière cette froide arithmétique se dessine une réalité politique plus profonde, l’effondrement des murs invisibles qui, plus sûrement que les frontières physiques, entravaient le génie créatif du continent.

Cette progression est le résultat d’une ingénierie institutionnelle sans précédent. L’entrée en vigueur du Système panafricain de règlement des paiements (PAPSS) et l’adoption du protocole sur le commerce numérique constituent les nouveaux piliers de la nouvelle architecture souveraine. En réduisant les coûts de change de près de 30 %, le continent ne se contente pas d’optimiser ses flux ; il rapatrie sa propre richesse. C’est la fin de l’anomalie où deux pays frontaliers devaient solliciter des devises extraconsidérées pour échanger leurs biens.

Pour chaque État membre, cette réforme agit comme un puissant catalyseur d’industrialisation. En voyant la part des produits manufacturés et agroalimentaires frôler les 50 % des flux régionaux, l’Afrique rompt avec la fatalité de l’économie de rente. Transformer les produits miniers et agricoles sur place, c’est injecter de la valeur ajoutée dans les territoires, créer des centaines de milliers d’emplois qualifiés et offrir à la jeunesse une perspective qui ne soit plus l’exil, mais l’excellence.

Toutefois, l’ambition doit rester lucide. Si le potentiel inexploité de 433 milliards de dollars vertigine, il rappelle l’urgence d’une infrastructure logistique à la hauteur des rêves de grandeur de l’Afrique. L’intégration ne se décrète pas seulement dans les sommets ; elle se construit sur les corridors, dans l’harmonisation des normes et la fluidité numérique.

Nous ne sommes plus à l’heure des promesses de papier. L’Afrique de 2026 dessine les contours d’une puissance qui s’assume, une terre où le commerce n’est plus un outil de dépendance, mais le socle d’une diplomatie économique rayonnante. En reprenant possession de son marché intérieur, le continent ne se ferme pas au monde ; il apprend à lui parler d’égal à égal.

Rokia N’Dala

laredaction

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