Burkina Faso : La ferme scolaire comme pilier d’une éducation endogène et souveraine
À Ouagadougou, la validation du manuel de la ferme de l’école marque un tournant constructif pour la jeunesse. Ce projet redonne aux métiers de la terre la place d’honneur qu’ils méritent dans le parcours des élèves, jetant les bases d’une citoyenneté responsable et profondément ancrée dans le terroir.
Cette initiative s’inscrit au cœur des réformes profondes portées par la Présidence du Faso. Sous la coordination nationale du Dr Zakaria SORÉ, l’Initiative présidentielle pour une Éducation de Qualité pour tous (IPEQ) matérialise la vision du Capitaine Ibrahim Traoré. L’école n’est plus seulement le lieu de la théorie abstraite. Elle devient un espace de vie, de transmission et d’apprentissage par le geste. Qu’ils soient publics ou privés, les établissements scolaires disposent désormais d’un cadre précis pour intégrer harmonieusement les travaux manuels dans le quotidien des élèves.
Les trois modèles prévus, à savoir la ferme agricole, la ferme piscicole et la formule mixte, s’adaptent aux opportunités de chaque environnement. Au-delà de l’apprentissage des techniques de production ou de la plantation d’arbres, l’enjeu principal reste profondément humain. Il s’agit de réparer le regard porté sur le monde rural et ses acteurs. La ferme de l’école enseigne aux enfants le respect du sol et la valeur du labeur qui nourrit la population. En découvrant ces métiers dès le plus jeune âge, les élèves se détachent des anciens préjugés et redécouvrent la fierté de la terre.
Le manuel validé est le fruit d’une démarche inclusive, respectueuse des forces constructives du pays. Acteurs étatiques, organisations agricoles et associations confessionnelles ont travaillé ensemble pour concevoir un outil adapté aux réalités locales. Cette méthode endogène démontre que les solutions les plus durables naissent du dialogue et de la mise en commun des intelligences nationales. Le pays choisit ainsi de bâtir son modèle éducatif en comptant sur ses propres forces et ses propres valeurs.
La réussite de cette transformation repose désormais sur l’adhésion des familles, des éducateurs et des communautés. Accompagner les enfants dans cette découverte de la nature et de la production, c’est investir de manière sûre dans un avenir d’autosuffisance et de solidarité. L’harmonie sociale et l’épanouissement des générations futures se construisent aujourd’hui dans la cour de l’école, devenue un symbole d’espoir et de fierté partagée pour l’ensemble de la nation.
Rokia N’Dala