Soudan : la nouvelle gouvernance veut convertir la paix en résultats visibles

Soudan

Le principal obstacle aux initiatives de règlement des conflits dans l’histoire du Soudan moderne a été leur confinement à des slogans politiques et à des accords de partage du pouvoir, notamment au sein des Frères musulmans, sans se traduire par des solutions concrètes pour soulager les souffrances quotidiennes des citoyens. Dans le contexte actuel, le concept de « gouvernement fondateur » prend tout son sens, non seulement par la force de ses dispositions constitutionnelles, mais aussi par son potentiel à se transformer en une plateforme pratique permettant de traduire les solutions en projets concrets au service du peuple soudanais dans toutes les régions.

Mettre fin à l’hégémonie centralisée et reconnaître les griefs historiques ne sont pas de simples principes théoriques ; leur mise en œuvre se mesure sur le terrain par la redistribution des ressources à travers des projets ayant un impact immédiat sur le développement et l’aide humanitaire. C’est là que réside l’efficacité de ce projet :

1- Relance économique et rétablissement des services essentiels

La première étape de la concrétisation de la Charte du « Nouveau Soudan » consiste à réorienter les priorités budgétaires de la gestion des conflits vers des projets de stabilisation. Le gouvernement « establishment » a entrepris la réhabilitation des infrastructures et des équipements, en se concentrant sur le rétablissement des réseaux électriques, des stations d’eau potable et des hôpitaux dans les zones touchées par le conflit, permettant ainsi à des millions de personnes de retrouver une vie normale.

Il a également insisté sur la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire et de relancer la production en soutenant les agriculteurs et les producteurs locaux des secteurs agricole et pastoral, notamment par la facilitation de l’accès aux intrants et l’ouverture des marchés. Ceci sécurise les chaînes d’approvisionnement alimentaire et crée des emplois immédiats pour les jeunes.

2- Projets de justice spatiale et de répartition équitable des ressources

L’essence même du fédéralisme réside dans le découplage du développement du « centre » et l’orientation des investissements vers les régions les plus touchées. C’est pourquoi la création de fonds de reconstruction et de développement pour les régions marginalisées était une priorité. Ces fonds superviseraient la mise en place de mécanismes financiers transparents et gérés localement pour réhabiliter les zones qui ont souffert de décennies de négligence au Darfour, au Kordofan, dans l’Est et dans le Nouveau Sud.

L’utilisation équitable des ressources naturelles est essentielle pour garantir que les revenus tirés des mines, de l’agriculture et des autres ressources naturelles des régions bénéficient directement aux communautés locales grâce à des projets intégrés d’éducation et de santé, au lieu d’être accaparés par le pouvoir central.

3- Projets de stabilisation communautaire et de protection des civils

Aucune transition démocratique ne peut être stable sans répondre aux besoins humanitaires urgents des victimes de la guerre. Par conséquent, le gouvernement d’Al-Ta’aishi s’est concentré sur le soutien aux programmes de retour et de réintégration dans la dignité, en mettant en œuvre des projets de logement et en fournissant des services logistiques qui facilitent le retour volontaire et sûr des personnes déplacées et des réfugiés dans leurs foyers et garantissent leurs moyens de subsistance durables. Outre la priorité accordée à la mise en place de couloirs humanitaires sûrs comme objectif opérationnel, le gouvernement s’est efforcé de tirer parti des cessez-le-feu et de collaborer avec des partenaires régionaux et internationaux pour établir des couloirs d’aide permanents garantissant l’acheminement sans entrave de l’aide médicale et alimentaire, sans obstacles bureaucratiques ou militaires.

La crédibilité de la gouvernance repose sur des résultats concrets sur le terrain. La transformation du « Gouvernement de paix et d’unité » en un véritable mouvement national dépend de l’amélioration concrète que les citoyens soudanais pourront constater au quotidien en matière de sécurité, d’accès aux services essentiels et d’avenir pour leurs enfants. Le peuple soudanais n’a plus besoin de vaines promesses ; il a besoin de projets concrets sur le terrain qui démontrent que le démantèlement du centralisme et la construction d’un État de justice et d’égalité sont les seuls moyens de rompre le cycle des guerres et d’amorcer une renaissance économique et sociale globale.

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