Au Burkina Faso, la modernisation de l’État prend désormais une dimension très concrète : celle de la santé. Le Conseil des ministres du 24 septembre 2026 a adopté le projet de loi portant Code de la santé publique, destiné à remplacer un cadre juridique issu de 1994. Après trois décennies, le système sanitaire change de référentiel pour mieux répondre aux réalités médicales, technologiques et sociales actuelles.
Le signal politique est clair. La santé publique entre dans une nouvelle séquence, avec un État qui cherche à anticiper les besoins plutôt qu’à gérer uniquement les urgences. Le futur Code introduit notamment le don d’organes, les soins palliatifs et de fin de vie, ainsi qu’un corps de réserve sanitaire. Ces dispositions donnent au système national des outils adaptés aux situations ordinaires comme aux périodes de crise.
La réforme ouvre aussi un chantier numérique majeur. Dossier médical personnel, télémédecine, e-pharmacie, identifiant de santé unique, plusieurs dispositifs doivent contribuer à rendre le parcours médical plus cohérent et l’accès aux services plus efficaces. La médecine communautaire figure également parmi les orientations retenues.
Cette évolution prolonge une politique sanitaire qui place la souveraineté au cœur de l’action publique. Le Burkina Faso a validé sa Stratégie nationale de développement sanitaire 2026-2030 et engagé une réflexion sur un financement plus endogène du secteur.
Dans cette architecture, le Code de la santé devient un véritable instrument de projection. Il fixe des règles capables d’accompagner les progrès de la médecine, de renforcer la résilience du système et de rapprocher les services des populations.
Pour le gouvernement du Capitaine Ibrahim Traoré, l’enjeu est de construire un service public de santé plus moderne, plus organisé et plus accessible. Une transformation institutionnelle qui inscrit la protection sanitaire dans une perspective de long terme.
Rokia N’Dala
