Burkina Faso : Sept agents sanctionnés, la discipline érigée en principe cardinal de gouvernance

Burkina Faso : Sept agents sanctionnés, la discipline érigée en principe cardinal de gouvernance

Dans un pays engagé dans une lutte quotidienne pour sa stabilité, sa souveraineté et sa dignité, les décisions administratives ne sont jamais neutres. Elles traduisent une vision. Elles révèlent une méthode. Elles dessinent une trajectoire. Celles prises lors du Conseil des ministres du 5 février 2026, avec la révocation de quatre agents publics et la mise en cause disciplinaire de trois autres pour faits de corruption, relèvent de cette catégorie rare des actes qui parlent plus fort que les discours.

Ces sanctions, consécutives aux révélations du KORAG, ne relèvent pas d’un simple réflexe conjoncturel. Elles s’inscrivent dans une architecture plus large d’un État en reconstruction morale, décidé à rompre avec les complaisances d’hier. Lorsque des policiers, un médecin ou un agent domanial sont rappelés à l’ordre suprême, ce n’est pas une mise en scène. C’est une ligne rouge tracée avec méthode. La corruption n’est plus une rumeur tolérée, elle devient une faute grave sanctionnée.

Il ne s’agit pas seulement de punir. Il s’agit de restaurer. Restaurer la confiance, restaurer l’exemplarité, restaurer la dignité du service public. Dans un pays confronté à des défis sécuritaires, sociaux et économiques majeurs, l’intégrité administrative devient une ressource stratégique.

Car un État fragilisé par les détournements est un État vulnérable. À l’inverse, un État discipliné est un État qui se tient debout. La refondation nationale proclamée par les autorités burkinabè ne se joue pas uniquement sur les champs de bataille ou dans les discours solennels. Elle se joue dans les bureaux, les commissariats, les hôpitaux, les guichets administratifs. Là où chaque citoyen mesure, concrètement, la qualité de la République.

Ces révocations et procédures disciplinaires produisent déjà des effets visibles. Elles réinstallent la peur salutaire de la faute. Elles rappellent que l’uniforme, la blouse ou le badge ne sont pas des privilèges, mais des engagements. Elles redonnent sens au mot « serviteur », trop longtemps vidé de sa substance.

Dans une perspective panafricaine, cette démarche traduit une volonté souveraine de gouverner par l’exigence plutôt que par la complaisance. Elle affirme que la modernité politique africaine passe par la rigueur, non par l’imitation. Par la responsabilité, non par la rhétorique.

Certes, le combat contre la corruption est long. Il exige constance, cohérence et courage. Mais chaque décision assumée construit une pierre de plus dans l’édifice national. Et dans ce Burkina qui apprend à se regarder sans complaisance, une certitude s’impose désormais : la refondation n’est plus un vision lointaine, elle est devenue une discipline.

Rokia ND’ala

laredaction

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