Burkina Faso : Consolider la protection des familles des forces engagées, une priorité nationale
Dans un pays confronté à l’épreuve sécuritaire, la question n’est pas seulement militaire. Elle est institutionnelle et morale. Que vaut l’engagement d’un soldat si la République hésite à protéger sa famille lorsqu’il tombe ou lorsqu’il est blessé ? En consolidant le cadre normatif de la prise en charge des ayants droit des Forces armées nationales et des Forces de sécurité intérieure, le pouvoir trace une ligne claire. L’État assume ses responsabilités, sans flou ni improvisation.
Sous l’autorité du capitaine Ibrahim Traoré, la gouvernance sécuritaire ne se limite pas au champ opérationnel. Elle s’étend à l’administration, aux procédures, au suivi. Renforcer la transparence, fiabiliser le recensement des blessés et des décès, clarifier les droits, c’est remettre de l’ordre là où l’opacité nourrit la défiance. La solidité d’un front commence par la solidité des registres.
La disposition relative à la cessation de la délégation de solde en cas de remariage illustre cette volonté de cohérence. La solidarité nationale a un cadre. Elle protège les enfants, dont les droits demeurent garantis, mais elle refuse les ambiguïtés. Cette précision, loin d’être technique, traduit une conception équilibrée de la justice sociale. Protéger sans céder au laxisme, accompagner sans entretenir la dépendance.
L’accent mis sur l’accompagnement médical, psychologique, socio-éducatif et économique ouvre une perspective plus profonde. Former les veuves, soutenir leurs projets, assurer un suivi réel, c’est inscrire la politique sociale dans une logique de résilience productive. Chaque bénéficiaire accompagné vers l’autonomie devient un acteur du développement national. La réparation se transforme en capacité, la solidarité en investissement.
À l’échelle panafricaine, ce choix résonne. La souveraineté ne se proclame pas seulement dans les discours, elle s’organise dans les textes et se vérifie dans la protection des plus exposés. En structurant la prise en charge des familles de ses combattants, le Burkina Faso consolide son socle institutionnel et renforce la confiance collective. Une armée tient par la bravoure de ses hommes. Une nation tient par la fidélité qu’elle leur doit.
Rokia ND’ala