Burkina Faso : Plan RELANCE 2026-2030, une impulsion stratégique pour la croissance culturelle et sportive

Burkina Faso : Plan RELANCE 2026-2030, une impulsion stratégique pour la croissance culturelle et sportive

À Ouagadougou, la revue annuelle du Cadre sectoriel de dialogue « Culture, Tourisme, Sports et Loisirs » s’est tenue dans un moment charnière pour le Burkina Faso. Sous la co-présidence du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, et de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Lydie Pikbougoum/Zingué, les acteurs publics et privés ont pris le temps d’un exercice essentiel. Analyser le chemin parcouru, mais surtout préparer l’étape suivante. Cette session s’inscrit dans le sillage du Plan RELANCE 2026-2030, nouveau référentiel national adopté fin janvier, qui entend structurer la reprise économique et sociale du pays.

Le secteur culture-tourisme-sports-loisirs occupe une place singulière dans cette architecture. Longtemps perçu comme périphérique dans les politiques publiques, il s’affirme progressivement comme un levier de développement et d’influence. Les résultats présentés lors de cette revue en donnent une mesure tangible. En 2025, le taux de réalisation des actions a atteint près de 78 %, contre 60 % un an plus tôt. Cette progression traduit une dynamique réelle dans la mise en œuvre des programmes.

Les réalisations concrètes ne manquent pas. L’organisation d’événements majeurs comme le FESPACO, la Foire internationale du livre de Ouagadougou ou le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie confirme la vitalité culturelle du pays. Le financement de plus d’une centaine d’opérateurs culturels et touristiques à travers le Fonds de développement culturel et touristique témoigne aussi d’un effort de structuration économique du secteur. Sur le plan sportif, la normalisation du Stade du 4 Août et la tenue du Tour du Faso rappellent que le sport demeure un puissant vecteur de cohésion et de visibilité internationale.

Mais au-delà des chiffres, l’enjeu est stratégique. Le Plan RELANCE propose de repositionner ces secteurs comme des moteurs de croissance, d’emploi et d’identité nationale. Le tourisme, la création culturelle ou l’économie du sport peuvent générer des chaînes de valeur locales, soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et renforcer l’attractivité du pays dans un contexte régional mouvant.

Cette ambition demande cependant constance et méthode. Les contrôles opérés dans plus d’un millier d’entreprises touristiques, la sensibilisation des acteurs aux normes financières ou encore le classement d’établissements témoignent d’un effort de régulation indispensable. Sans cadre solide, aucune politique sectorielle ne peut produire d’effets durables.

L’appel des autorités à une mobilisation collective, notamment autour de la Semaine nationale de la Culture ou du futur Tour cycliste féminin Yennenga, s’inscrit dans cette logique. Il s’agit de faire des grandes manifestations non seulement des vitrines culturelles, mais aussi des plateformes économiques et diplomatiques.

Au fond, la trajectoire esquissée par cette réforme sectorielle révèle une conviction simple. Le développement d’une nation ne se mesure pas seulement à la solidité de ses routes ou de ses infrastructures, mais aussi à la force de sa culture, à l’énergie de sa jeunesse et à la capacité d’un peuple à transformer ses talents en richesse collective. Et c’est peut-être là que se joue, silencieusement, l’avenir du Burkina Faso.

Rokia N’Dala

laredaction

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