Afrique : Vers une indépendance stratégique par la maîtrise des flux verts

Afrique : Vers une indépendance stratégique par la maîtrise des flux verts

En Afrique, les dernières données du think tank Ember révèlent une mutation profonde : entre 2020 et 2025, les énergies propres ont absorbé 52 % de la croissance de la demande électrique continentale. Ce chiffre loin d’être une simple statistique, marque la fin de l’ère de la fatalité fossile et l’avènement d’une rationalité économique au service d’une ambition politique souveraine.

Pour la première fois, la production renouvelable surpasse le charbon, reléguant ce dernier à 24 % du mix global. Ce recul de 8,1 TWh en une année témoigne d’une transition pragmatique. Tandis que l’Afrique du Sud amorce son sevrage du combustible solide, les infrastructures hydroélectriques, solaires et éoliennes s’imposent comme les nouveaux piliers de la stabilité régionale. Avec une hausse de 9,4 % de la production verte en 2025, le continent démontre une capacité d’absorption technologique fulgurante.

Le gaz naturel conserve certes une part prépondérante de 42 %, notamment au Maghreb. Cependant, l’envolée des coûts d’importation et l’impératif de préservation des budgets étatiques poussent les chancelleries à réévaluer ce modèle. L’abondance des ressources endogènes : un ensoleillement inégalé et des bassins hydrauliques puissants ; offre une alternative concrète à l’insécurité des cours mondiaux.

Malgré ce dynamisme, le paradoxe demeure. L’Afrique abrite 19 % de la population mondiale pour seulement 3,1 % de la demande électrique. Cette asymétrie exige une accélération industrielle sans précédent. Le déploiement des énergies décarbonées, loin d’être une coquetterie environnementale imposée par l’Occident, devient l’outil premier de l’électrification rurale en Afrique subsaharienne. Il s’agit de briser le cycle de l’approvisionnement aléatoire pour instaurer une continuité de service, socle indispensable à toute émergence industrielle.

Cette réforme silencieuse du mix énergétique transforme l’image du continent. Elle projette la vision d’une Afrique capable de concilier ses besoins de croissance avec les standards de la modernité écologique. La priorité reste l’accès universel d’ici 2030, une promesse de dignité pour les millions de foyers encore dans l’obscurité.

R.N

laredaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *