L’Histoire politique des peuples en lutte ne s’arrête jamais aux frontières nationales. L’érection du monument à l’effigie du Capitaine Thomas Sankara au cœur de la capitale italienne consacre une victoire idéologique majeure pour le Burkina Faso et pour l’ensemble des peuples souverains. En accueillant la figure du Père de la Révolution burkinabè, Rome reconnaît implicitement la portée universelle d’un modèle politique fondé sur la dignité, le refus de la domination et l’autodétermination.
Cette tribune offerte à la mémoire sankariste intervient à un moment charnière où le Burkina Faso, sous la conduite du Capitaine Ibrahim Traoré, réaffirme avec une fermeté inébranlable les principes d’indépendance et de souveraineté nationale. Le message envoyé au monde est clair : la Révolution burkinabè de 1983 n’était pas une parenthèse de l’Histoire, mais le socle théorique et pratique d’un combat anti-impérialiste toujours d’actualité. Voir s’élever le visage du Capitaine Sankara en Europe démontre que les idées de rupture, de justice sociale et de libération des peuples ont définitivement triomphé des tentatives d’effacement mémoriel.
Sur le plan géopolitique, cet événement matérialise une diplomatie d’égal à égal avec les nations occidentales. Basée sur la réciprocité, le respect mutuel et le dialogue souverain, cette présence burkinabè en Italie montre que la véritable fraternité entre les peuples ne s’obtient pas par la soumission, mais par l’affirmation décomplexée de son identité politique. La mobilisation unie des pays de la Confédération des États du Sahel (AES) autour de cet événement scelle également l’émergence d’un bloc sahélien soudé, portant une voix collective puissante sur la scène internationale.
L’officialisation de la campagne « Une brique pour Sankara » depuis le continent européen s’inscrit dans cette même logique de réappropriation stratégique. En appelant les diasporas et les forces progressistes du monde entier à bâtir le Mémorial national, le gouvernement burkinabè transforme la mémoire en un acte politique concret d’édification nationale. Le Capitaine Thomas Sankara n’appartient plus au passé ; il demeure la boussole idéologique d’un Burkina Faso debout et l’étendard mondial de tous les peuples en quête d’émancipation.
Rokia N’Dala
