Niger : Un comité d’experts pour riposter aux préjudices d’Orano

Niger : Un comité d’experts pour riposter aux préjudices d’Orano

Le Niger marque un tournant décisif dans sa souveraineté économique en annonçant la création d’un comité d’experts chargé de préparer des actions judiciaires contre Orano, l’opérateur nucléaire français. Cette décision intervient dans un contexte politique et institutionnel sensible. Suite au coup d’État de juillet 2023, les nouvelles autorités ont rompu tous les accords passés avec la France, dont celui sur l’exploitation de l’uranium, et revendiquent désormais le contrôle exclusif de leurs ressources stratégiques.

Le ministre de la Justice, Alio Daouda, a précisé que le comité aura pour mission de documenter les violations présumées de l’environnement, de la santé publique et de la fiscalité par Orano, et de préparer des plaintes devant toutes les juridictions nationales et internationales, y compris françaises. Cette initiative s’inscrit dans une logique de riposte stratégique. Alors que l’entreprise française avait déjà engagé des procédures contre le Niger devant le CIRDI, l’État nigérien entend désormais inverser le rapport de force, et obtenir réparation pour des décennies d’exploitation jugées préjudiciables.

L’affaire des 400 tonneaux de carottes radioactives découverts à Arlit illustre concrètement les risques sanitaires et environnementaux imputés à Orano. Les mesures officielles révèlent des niveaux de radioactivité supérieurs à la norme, mêlant des substances comme le bismuth 207 et le chrome X, qui mettent en lumière les manquements à la sécurité des populations et à la préservation de l’écosystème. Au-delà de l’indignation légitime, cette situation illustre l’urgence pour le Niger de sécuriser et de valoriser ses ressources de manière autonome, sans dépendance technico-financière excessive à l’ancienne puissance coloniale.

Sur le plan économique et social, la mise en place de ce comité ouvre la voie à un contrôle plus rigoureux de l’exploitation minière, susceptible de générer des revenus équitables pour l’État, d’améliorer la protection des populations locales et de soutenir des projets de développement durables. Elle pose également les bases d’une politique de justice économique, où les ressources nationales servent prioritairement l’intérêt des citoyens plutôt que les profits étrangers.

En affirmant sa volonté de poursuivre Orano sur tous les fronts juridiques, le Niger trace une ligne claire où la souveraineté ne se négocie pas. Cette initiative, dense et déterminée, illustre que la défense des ressources africaines peut être conduite avec rigueur, méthode et ambition stratégique, ouvrant la voie à un développement véritablement autonome et respectueux de la dignité nationale. Le Niger, en reprenant la maîtrise de son uranium, rappelle que la liberté économique est le socle de toute indépendance politique durable.

ND’ala

laredaction

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