Burkina Faso : L’agropôle de Samendeni, nouveau cœur battant de la formation utile
À Samendeni, loin des discours incantatoires et des promesses différées, le pouvoir avance par actes. Un site de cinq hectares à été remis pour la construction d’un lycée professionnel spécialisé dans l’agrosylvopastoral. Cette remise officielle enracine la vision du capitaine Ibrahim Traoré de développer le secteur agricole avec les talents formés sur le sol burkinabè.
En implantant ce lycée professionnel au cœur même de l’agropôle de Samendeni, dans le département de Bama, le pouvoir rompt avec une vieille fracture : celle entre l’école et le réel, entre la formation et le travail productif. Ici, l’État ne forme pas pour former. Il forme pour produire, transformer, nourrir et créer de la valeur nationale.
L’agriculture, l’élevage et l’aquaculture ne sont pas choisis par hasard. Ils constituent le socle vivant de l’économie burkinabè, longtemps sous-valorisé, souvent abandonné à l’informel. En érigeant un établissement à vocation nationale dédié à ces filières, l’IPEQ (Initiative Présidentielle pour une Education de Qualité pour tous), traduit une orientation stratégique pour professionnaliser les savoirs locaux, moderniser les pratiques et redonner à la jeunesse rurale une perspective digne et structurée. Ce lycée devient ainsi un outil de reconquête silencieuse : reconquête des compétences, des territoires et de la confiance.
Politiquement, l’initiative est lourde de sens. Elle montre un État qui ne se contente plus d’annoncer des réformes, mais qui les territorialise. Samendeni n’est pas un simple lieu. C’est un espace productif. Y investir dans l’éducation, c’est reconnaître que le développement ne se décrète pas depuis les centres administratifs, mais se construit là où se créent les richesses. Cette logique, profondément panafricaine, rompt avec des modèles importés et réaffirme une souveraineté par le travail et la transmission.
Certes, le défi est immense ; livrer en six mois, garantir la qualité, assurer la continuité. Mais l’engagement pris par les entreprises, sous l’autorité de l’IPEQ, engage aussi la crédibilité de l’action publique. Et c’est précisément là que se joue la rupture, dans l’exigence de résultats, mesurables et visibles.
À Samendeni, l’école ne sera pas un refuge contre le chômage, mais une rampe de lancement vers la production nationale. Et c’est peut-être là que cette initiative prend toute sa portée. Lorsqu’un État choisit de former pour bâtir, il commence déjà à se relever.
ND’ala Rokia