Burkina Faso : KIAKA SA, symbole d’une politique minière assumée

Burkina Faso : KIAKA SA, symbole d’une politique minière assumée

Le décret adopté en Conseil des ministres le 19 février 2026 consacre une étape supplémentaire dans la recomposition du rapport entre l’État burkinabè et ses ressources stratégiques. En portant à 40 % sa participation au capital de KIAKA SA, l’exécutif fait le choix d’un ancrage renforcé au cœur même de l’appareil productif minier. L’enjeu dépasse la technique financière et touche à la capacité d’un État à orienter, contrôler et valoriser durablement l’exploitation de son or dans un contexte régional et international où la maîtrise des ressources conditionne la souveraineté.

Le gisement de Kiaka, dans la commune de Gogo, n’est pas une promesse lointaine. Il représente un potentiel structurant pour l’économie nationale. En consolidant sa présence dans l’actionnariat, l’État accroît son pouvoir d’arbitrage dans les décisions majeures. Il peut influer sur les priorités d’investissement, veiller à la conformité environnementale, exiger une meilleure intégration des compétences locales. La participation publique devient ainsi un levier d’orientation stratégique.

Cette décision s’inscrit dans la trajectoire impulsée par le capitaine Ibrahim Traoré. Depuis son accession au pouvoir, la question de la souveraineté économique occupe une place centrale. Il ne s’agit pas d’isoler le pays, mais de corriger des déséquilibres anciens. Pendant des années, la rente minière a profité de manière inégale. En renforçant la part de l’État, le gouvernement cherche à garantir que les fruits de l’or contribuent davantage au financement des priorités nationales.

Les effets attendus sont concrets. Une meilleure captation des dividendes peut soutenir les budgets dédiés à la sécurité, à l’éducation, aux infrastructures sanitaires. Dans les zones minières, elle peut favoriser l’émergence d’un tissu économique plus dense, stimuler l’emploi local, renforcer les capacités techniques des entreprises burkinabè. La souveraineté prend alors la forme d’écoles construites, de routes entretenues, de services publics consolidés.

Sur le plan international, le Burkina Faso demeure ouvert aux investisseurs, mais dans un cadre redéfini. Les partenariats sont recherchés, à condition qu’ils respectent les lois nationales et les ambitions stratégiques du pays. Cette posture contribue à repositionner Ouagadougou comme un acteur exigeant, capable de défendre ses intérêts tout en demeurant intégré aux circuits économiques mondiaux.

En portant sa participation à 40 %, l’État affirme une ligne. Il assume que la richesse du sous-sol doit devenir un socle de transformation durable. Dans la rigueur des textes et la fermeté des choix, se dessine une conviction simple et déterminée. Le développement ne se délègue pas, il se construit.

Emy Muamba

laredaction

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