À l’horizon 2031, la carte économique africaine devrait conserver ses principaux pôles de puissance, avec l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Nigeria en tête. Les projections issues des données d’octobre 2026 du Fonds monétaire international (FMI) dessinent un continent dont les ambitions progressent, malgré un poids encore modeste dans la richesse mondiale.
L’Égypte pourrait occuper la première place africaine avec un produit intérieur brut nominal estimé à 665 milliards de dollars. L’Afrique du Sud suivrait avec 599 milliards, tandis que le Nigeria viserait environ 578 milliards. L’Algérie et le Maroc compléteraient le premier groupe, devant l’Éthiopie, le Kenya, l’Angola, la République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire.
Derrière ces chiffres se joue une question stratégique : quels pays sauront convertir leur potentiel démographique, leurs ressources naturelles et leurs investissements en puissance économique durable ? La taille d’un marché compte, mais la capacité à transformer localement les matières premières, à développer les infrastructures et à soutenir la production industrielle pèsera tout autant dans la compétition.
Le Nigeria pourrait tirer parti de la reprise de son secteur pétrolier, tandis que le Maroc miserait sur la diversification de son économie. L’Éthiopie, le Kenya et la Côte d’Ivoire disposent également de leviers de croissance susceptibles de renforcer leur influence régionale. Toutefois, les conflits, les tensions financières et l’instabilité macroéconomique peuvent fragiliser ces trajectoires.
À l’échelle continentale, la part de l’Afrique dans le PIB mondial pourrait passer de 2,67 % en 2025 à 3,07 % en 2031, selon les calculs rapportés à partir des données du FMI. Cette progression reste limitée au regard des besoins en emplois, en industrialisation et en infrastructures.
L’enjeu dépasse donc le classement des dix premières économies. La véritable ambition consiste à faire de la croissance un instrument de souveraineté, de transformation productive et d’intégration régionale. Les prochaines années diront si les grandes économies africaines peuvent entraîner le reste du continent dans cette dynamique, au lieu de concentrer seules l’essentiel de la richesse.
Emy Muamba
