L’Ouganda mise sur l’industrie pour répondre à l’une de ses urgences économiques pour offrir des perspectives à une jeunesse toujours plus nombreuse sur le marché du travail. Avec un investissement de 25 millions de dollars dans une usine intégrée de fabrication de peintures, le pays entend renforcer sa production nationale, attirer les capitaux étrangers et ouvrir de nouveaux débouchés professionnels.
Le projet prévoit environ 200 emplois directs et 2 000 emplois indirects. Dès sa première année, l’usine devrait produire 7 800 tonnes de peintures et de revêtements. Sa capacité annuelle pourrait atteindre 13 000 tonnes à partir de la cinquième année, avec une gamme qui couvre les peintures décoratives, les revêtements texturés et les produits industriels.
Au-delà des chiffres, cette initiative rejoint une priorité majeure du gouvernement ougandais pour donner à la croissance économique une traduction concrète dans la vie des citoyens. Selon la National Planning Authority, quelque 700 000 jeunes atteignent chaque année l’âge de travailler. Dans ce contexte, chaque investissement industriel capable de générer des emplois et de développer des compétences prend une dimension politique et sociale particulière.
La ministre des Finances, Hajjat Aminah Mukalazi, met notamment en avant le transfert de compétences et l’accès aux technologies de peinture. Cet enjeu mérite une attention particulière. La présence d’un investisseur étranger peut apporter des capitaux et du savoir-faire, tandis que la formation de travailleurs locaux peut renforcer les capacités industrielles du pays sur le long terme.
Le projet s’inscrit aussi dans la dynamique du programme Buy Uganda Build Uganda (BUBU), qui encourage la consommation de produits locaux et cherche à réduire la dépendance aux importations. Pour Kampala, l’enjeu consiste à faire davantage de place aux entreprises implantées sur le territoire, aussi bien dans les circuits commerciaux que dans les marchés publics.
Reste un défi essentiel : transformer les emplois annoncés en possibilités durables, assurer la formation des travailleurs et favoriser l’approvisionnement local. Si ces conditions suivent, l’usine pourrait contribuer à consolider un tissu industriel ougandais plus autonome. Pour un pays confronté à une forte pression démographique, investir dans la production représente un levier concret pour relier ambition économique et attentes de la jeunesse.
J.O
