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Burkina-Faso: Corruption et effort de guerre ne font pas bon ménage

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Le Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a réaffirmé lundi, sa volonté de combattre rigoureusement la corruption, ce « vol » au sein de l’administration publique burkinabè.

Selon le Chef de l’Etat, la plupart des cabinets recrutés ont généralement des connexions avec des acteurs de l’administration qui par des voies détournées, offrent leurs compétences en contrepartie d’une rémunération indue.

« C’est du vol, c’est de la triche et on va mettre fin à ces pratiques », s’est-il indigné.

Le Président de la Transition a appelé à activer les conseils de discipline dans les différentes structures de l’administration pour que des sanctions soient prises à l’encontre des agents indélicats même si cela devrait aller jusqu’au licenciement.

Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim TRAORE a rencontré, ce lundi matin, le personnel de la Présidence du Faso ainsi que des services rattachés pour échanger sur le fonctionnement de l’institution et l’orientation de la Transition pour cette année 2024.

Pour lui, la machine de la lutte contre la corruption a démarré pour cette année 2024 et la fermeté sera de rigueur sur les cas avérés de corruption et de laxisme dans l’administration publique.

« Chacun doit faire la mission pour laquelle il a été recruté. Malheureusement, ce n’est souvent pas le cas et quand on veut licencier, les gens sortent les textes de partout. Vous ne pouvez pas prendre les textes des autres et venir appliquer à notre contexte », a ajouté le Capitaine Ibrahim TRAORE qui s’est dit remonté contre certaines pratiques dans l’administration publique.

Ponction ne rime pas avec corruption

Il y a moins d’une semaine, le gouvernement de la transition lors du Conseil le vendredi a décidé de ponctionner les salaires des travailleurs pour soutenir l’effort de guerre et améliorer substantiellement les conditions de vie des VDP.

Sur le sujet, le ministre en charge de l’Economie a précisé que ces prélèvements visent à améliorer non seulement l’équipement des forces combattantes mais aussi la prime des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) qui passe désormais de 60000f à 80000f cfa.

« Il faut en finir vite avec cette guerre et nous demandons véritablement l’accompagnement des travailleurs du public et du privé pour que nous puissions, ensemble, nous mobiliser pour faire face à la situation », a souligné le ministre.

Ainsi, en plus des 1% sur le salaire net des travailleurs du public et du privé, le gouvernement va prélever 25% sur les primes des travailleurs et 5% sur le salaire des ministres pour alimenter le fonds de lutte contre le terrorisme.

La mesure a déjà reçu le plébiscite de la majorité des burkinabè dont certains ont même demandé aux autorités de la rendre obligatoire.

Mais si dans cette dynamique, la corruption vient encore gangréner l’effort collectif, il est de bon ton que le Chef de l’exécutif déclare la guerre à la corruption durant cette année 2024.

Car ce « vol » est également identifié dans les Etats souverains comme une arme de destruction massive de l’économie locale.

A la limite, il serait même perçu au Burkina comme une autre forme de manœuvre de déstabilisation économique pilotée par l’ennemi.

Il n’y a pas d’effort de guerre si la corruption sévit dans l’administration publique. Par conséquent, son éradication devient tout aussi cruciale que la lutte contre le terrorisme elle-même.

Eric K.

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